Une nouvelle église pour Barcelonnette

De l'église St Pierre du 13e siècle ne reste que le clocher carré recouronné en 1860 par un campanile en fer. En effet, au début du 20e siècle, en pleine fièvre de l'émigration au Mexique, l'église est jugée trop petite et en trop mauvais état : en 1912, on en décide donc la reconstruction. Le chanoine Pellissier, vicaire puis curé de la paroisse de 1893 à 1943, en est la cheville ouvrière, aidé par un comité créé à cet effet. La première pierre, bénie en 1924 est encastrée à la base du pilier gauche du chœur. L'église fut consacrée quatre ans après, le 5 août 1927.

Le maître de l'ouvrage et l'architecte Bouhant furent très exigeants dans le choix des matériaux. Il fallait un édifice vaste (1000 mètres carrés), simple, robuste et adapté au climat. Pour avoir plus de place, la nouvelle église fut tournée vers le nord, débordant au-delà de l'ancien rempart. Le dessin de la nouvelle façade inspirée de l'art roman (tympan avec le Christ en gloire et les quatre évangélistes).

L'espace intérieur est ample et aéré, en même temps qu'est affirmée la puissance de la pierre. Une large nef centrale et deux nefs latérales se développent sur six travées. Les voûtes reposent sur douze colonnes peu massives et de facture différente (pierre de la Chapelue, rose de Serenne et vert Maurin). Un vaste chœur surélevé occupe une abside et la première travée de l'église. La demi-coupole de l'abside est décorée d'une mosaïque inspirée de la tradition byzantine. Elle représente le Christ en gloire entouré des apôtres Pierre et Paul. Une tribune occupe la dernière travée de la nef centrale et porte les orgues qui épousent la forme de la rosace. Au fond de l'église, côté ouest, ornant le mur des fonts baptismaux, se trouve une peinture de Moïse faisant jaillir l'eau du rocher.

La chaire, située sur la droite, entre la deuxième et troisième travée, provient de l'ancien couvent des Dominicains. Parmi les différents autels présents, celui dédié à saint Joseph provient de l'ancienne église où il était placé face à la porte des hommes. Entièrement en bois, il est surmonté d'un vaste retable sculpté et doré. En face, un retable provient de la chapelle Saint-Maurice qui a été démolie lors de la reconstruction de l'hôtel de ville. Sa toile représente la Vierge du Rosaire ; dans le fond, on aperçoit l'ancien couvent des Dominicains.

Bibliographie :
Chanoine Louis Jacques, "Barcelonnette la gente cité : son urbanisme", Gap, Ribaud Frères, 1972, 31 p.
Charles Honoré, "L'église de St Pierre des Liens", 2003, 32 p.
L'église de Barcelonnette, "le projet de sa reconstruction", Comité de la reconstruction de l'église paroissiale de Barcelonnette, 1921, 33p.

Notre-Dame de Guadalupe

Notre-Dame de Guadalupe constitue un apport religieux original de l'émigration au Mexique.

Elle était apparue en 1531 à l’indien Juan Diego près de l’ancien oratoire de Tonantzin, mère de tous les dieux mexicains. Cette vierge au teint basané, vénérée dans toute l’Amérique latine indigène et métisse, portée en médaille, présente en effigie dans les maisons, les lieux de travail, les voitures, a été adoptée par les Barcelonnettes qui l’ont ramenée dans plusieurs églises de la vallée. Elle est notamment visible à l’église de Barcelonnette.

Dans la Vallée de l'Ubaye

Voilà bientôt sept siècles que les habitants de Saint-Paul sur Ubaye ou ceux de Saint-Pons se réunissent dans la même église.

Génération après génération, les Ubayens ont entretenu ces édifices, ont fait peindre ou sculpter les saints en qui ils avaient confiance, ont fait dresser autels et retables, ont bâti des chapelles de hameaux, de confréries. Bannières de processions, cloches sonnant l’heure de la prière, gros livres d’oraison transmis de père en fils, de mère en fille : le patrimoine religieux d’une vallée touche indissociablement à ce que fut l’expression sociale et artistique de la vie religieuse et à l’attitude de chacun face à la vie, la mort, la foi, le sacré.

L’art religieux de l’Ubaye est partagé entre tradition et ouverture aux nouveaux courants. Il répète indéfiniment le thème du clocher carré de l’art roman lombard, il demande en plein 19e siècle des tableaux néo-baroques au peintre Fidèle Patritti, mais il a construit deux siècles plus tôt à Jausiers une grande église complètement au fait des directives de la Contre-Réforme catholique.

Début du 21e siècle, 120 églises et chapelles de la vallée sont encore debout. Plusieurs, loin de tout, sont en péril. Mais autour de beaucoup d’autres, les habitants se mobilisent, les élus interviennent. Depuis 1999, ils proposent un programme de visites qui montrent ce renouveau.