Expositions permanentes

Véritable axe de passage à travers les Alpes occidentales grâce à ses nombreux cols, la Vallée de l'Ubaye a toujours été en relation avec le monde extérieur et perméable à lui. En témoigne la longue histoire de « ses habitants qui n'hésitent pas à voyager et commercer avec la France, l'Italie, la Corse, la Sardaigne et autres lieux plus lointains encore ». Au 19e siècle, les marchands colporteurs valéians se tournent vers les Amériques, choisissent principalement le Mexique où ils exercent leur savoir faire dans le négoce et l'industrie textile. Au 21e siècle, leurs descendants, devenus mexicains et américains, sont de plus en plus nombreux à découvrir la terre de leurs ancêtres.

Moutons, François-Xavier Lalanne

Salle des Gens de la Vallée

Ubaye, ce nom évoque une vallée, la plus alpine des Alpes de Haute Provence, la Valèia comme l’appelle ses habitants. D’une longueur de 80 km et comportant 16 communes, elle s’étire d’est en ouest entre la frontière Italienne (col du Longet) et la Durance qu’elle rejoint au Lac de Serre-Ponçon.

Elle comptait 18 000 habitants au début du 19e siècle siècle mais 200 ans et un exode important ont suffit à faire baisser la population à 7500 habitants. La vie et le travail des habitants de la vallée de l’Ubaye sont organisés autour du rythme des saisons. Avec un printemps et un automne quasi inexistants, l’hiver très long et rigoureux cède rapidement la place à un été chaud. Jusqu’au milieu du 20e siècle, l’économie de la Vallée est en grande partie tournée vers l’agriculture et l’élevage du mouton.

Donation Gleize

La Donation Gleize

Un petit trésor archéologique.
La donation Gleize appartient à cette belle série de découvertes qui marqueront la longue histoire de la collection publique de Barcelonnette, et plus largement, celle de la recherche archéologique en Ubaye. Des rencontres inattendues sont à l’origine de cette découverte inespérée.


La donation Jean-Denis Gleize comprend 82 pièces (essentiellement des bronzes), parmi lesquelles on compte : 4 pointes de flèches, 11 haches, 5 épingles, 14 fibules, 8  bracelets, 5 brassards, 2 statuettes d’Héraklès… Seuls les 5 brassards, certaines haches et fibules et quelques bracelets sont attribués de façon certaine à l’ancienne collection Ollivier. L’exposition présente la totalité de la donation Gleize, accompagnée des 17 photographies inédites de la collection Ollivier signées Saint-Marcel Eysseric en 1890.

Bracelet à spirale
Fibule Fibule © M. Bourguet
Bracelet creux à oves
Hache
Statuette d'Héraklès
Comptoir de magasin

Les barcelonnettes aux Amériques 1805-2014

Les premiers migrants de l'Ubaye accostent à la Nouvelle-Orléans et sont colporteurs le long du Mississippi, dits "marchands paquets" ou "marchands charrettes". À partir des années 1840, la Louisiane, au souvenir français, devient peu à peu une terre d'émigration définitive pour nombre d'entre-eux, originaires pour la plupart de Jausiers d'où sont natifs les trois frères Arnaud, initiateurs du mouvement migratoire valéian aux Amériques. Les Barcelonnettes (nom générique donné aux migrants originaires de la Vallée) ouvrent des magasins de "marchandises sèches", avant d'acheter de grandes plantations de canne à sucre et devenir d'influents commerçants-planteurs.
Mais la grande majorité des Barcelonnettes feront seulement étape en Louisiane et s'installeront par centaines sur le sol mexicain, dans les pas de Dominique Arnaud qui le premier, en 1827, ouvrit un commerce de tissus et vêtements (Las Siete Puertas) dans la capitale de la jeune république, libérée du joug espagnol. Après une période d'installation (1840-1880), les Barcelonnettes s'imposent comme les nouveaux notables industriels du Porfiriato (1877-1911) qui vit à l'heure de l'afrancesamiento ou cosmopolitisme et prennent leur part dans le processus de modernisation du pays, impliqués dans le négoce, l'industrie textile, la banque, les mines, etc. Quelques migrants uabyens isolés, poursuivront leur route à destination de l'Argentine, du Chili et du Guatemala - trois autres républiques d'Amérique latine qui attirent les émigrants européens. Ils deviendront « paysans entrepreneurs » ; cultivateurs de café et de vanille ou éleveurs.

Salle rose

1000 petits chefs-d'œuvre du Mexique

Salle rose

Les acteurs de l’émigration ont été les premiers à “collectionner” les objets de l’autre culture, qu’il s’agisse de la statuaire aztèque, de l’art populaire, de l’art colonial ou encore de l’art moderne Mexicain.

Les collections américaines du musée de la Vallée à Barcelonnette, initiées en 1882 par le voyageur naturaliste Émile Chabrand (1843-1893), développées par le sénateur André Honnorat (1868-1950) et sans cesse enrichies depuis – donations de la Chambre de commerce française du Mexique (1952) et du gouvernement mexicain (1976) –, témoignent de cette aventure humaine et de l’ouverture du musée sur les cultures du monde.

Salle Emile Chabrand

Salle Émile Chabrand, voyageur naturaliste

Négociant, préparateur naturaliste, collectionneur, voyageur, auteur, inventeur, photographe, de toutes ces identités, Émile Chabrand n’en revendique qu’une, celle de «préparateur naturaliste».

Fils d’un douanier de Larche embarqué comme mousse à l’âge de 13 ans pour Buenos Aires, plus tard installé au Mexique comme négociant, d’où il revient fortune faite en 1881, Émile Chabrand est un personnage éclectique, imprévisible et secret. De l’émigrant implanté au Mexique pendant 18 ans (1863-1881), à Mexico puis à Cuernavaca où il s’installe pour des raisons de santé, on ignore presque tout.

On ne connaîtra ni le nom de l’enseigne du magasin pour lequel il travaille, ni le nom de ses associés.

Celui que l’on appelle «don Emilio» et qui se sent chez lui au Mexique se considère comme un «vieux Mexicain», reste très discret sur son propre itinéraire, préférant évoquer dans son récit de voyage, publié en 1892 et couronné par le prix Montyon de l’Académie française, «un de ces départs vers 1847 ou 1850, quand les chances étaient plus hasardeuses, quand les difficultés de communications faisaient le voyage plus pénible et aussi plus pittoresque».